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Le ch'N É le rozô » 2 jan la font'N (extrait du livre la font'N j'M !)

 

le ch’N 1 jr 10 Ø rozô

vs’za’V bi’1 su’G d’a’Qzé la natur’

1 roatel’É pr vs es 1 pezan fardô.

le dre ven ki d’aventur’

fè ri’D la fass 2 l’õ

vs obli’J a bè’C la têt’ :

cependan ke mon fron Ø kØKz’ parè’ye,

non kontan d’arê’T lê rè’yon du solè’ye,

brav’ l’éfor 2 la tempêt’.

tou v’z’es akilon, tou me sembl’ zéfir.

enkor’ 6 vs nè’Cyé a l’abri du f’E’yaJ

don J kouvr’ le voazina’J,

vs n’Ørié pa tan a soufrir :

J vs D’fendrè 2 l’ora’J :

mè vs nè’C le plu souvan

sur lê umi’2 bor dê roa’yØm du ven

la natur’ env’R vs me 100bl’ bi’1 1’just’.

– votr’ kompa’6on, l’8 répon’10 l’arbust’,

par d’1 bon natur’L ; mè ki’T ce sou’6.

lê ven me son – K vs redoutabl’.

J pli, É ne ron pa. vs a’V juski’6

kontr’ l’Er kou épouvantabl’

rézisT100 kou’B le do ;

mè atendon la f’1. kom il 10’zé cê mo

du bou 2 l’orizon akour avek furi

le plu T’ribl’ dê z’enfan

ke le nor U porT’ jusk’-la ds sê flan.

l’arbr’ ti’1 bon, le rosô se pli.

le ven redoubl’ sê éfort,

É6 bi’1 k’il D’ra’6ne

cel’8 2 ki la têt’ Ø 6’L étè voazin’,

É don lê p’yé touchè a l’empir’ dê mor.

Traduction PMS de Phil Marso © Megacom-ik 2005 / 2007

le Chêne et le Roseau

Le Chêne un jour dit au Roseau :

Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;

Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.

Le moindre vent qui d’aventure

Fait rider la face de l’eau

Vous oblige à baisser la tête :

Cependant que mon front, au Caucase pareil,

Non content d’arrêter les rayons du Soleil,

Brave l’effort de la tempête.

Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.

Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage

Dont je couvre le voisinage,

Vous n’auriez pas tant à souffrir :

Je vous deéendrais de l’orage ;

Mais vous naissez le plus souvent

Sur les humides bords des Royaumes du vent.

La nature envers vous me semble bien injuste.

– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,

Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.

Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.

Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici

Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos ;

Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots

Du bout de l’horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfants

Que le Nord eût porté jusques-là dans ses flancs.

L’arbre tient bon ; le Roseau plie.

Le vent redouble ses efforts,

Et fait si bien qu’il déracine

Celui de qui la tête au Ciel était voisine,

Et dont les pieds touchaient à l’Empire des Morts.

Jean de La Fontaine  (1821 – 1867 )

 
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